Créer son entreprise
Raison individuelle, Sàrl, SA : laquelle choisir
Quatre questions décident, et aucune n'est une question de prestige : combien vous devez sortir pour commencer, ce que vous risquez si ça tourne mal, ce qui devient public, et ce que vous acceptez de payer en formalités chaque année.
Les quatre formes, côte à côte
| Capital minimum | Responsabilité | Registre du commerce | |
|---|---|---|---|
| Raison individuelle | AucunRien à déposer pour commencer. | Illimitée, sur votre fortune privée | Obligatoire dès 100'000 CHF de chiffre d'affaires annuel |
| Société en nom collectif | AucunLe montant des apports se fixe dans le contrat de société. | Illimitée et solidaire entre associés | Obligatoire, quelle que soit l'activité |
| Sàrl | 20'000 CHFCapital social à réunir à la constitution. | Limitée à l'apport | Obligatoire, la société naît de l'inscription |
| SA | 100'000 CHFDont 50'000 CHF ou 20 %, le plus élevé, libérés à la constitution. | Limitée à l'apport | Obligatoire, la société naît de l'inscription |
Ce que vous risquez vraiment
C'est le seul critère qui ne se rattrape pas. En raison individuelle et en société en nom collectif, vous répondez des dettes de l'entreprise sur votre fortune privée, votre épargne, votre véhicule, le cas échéant votre logement. En Sàrl et en SA, vous ne perdez en principe que ce que vous avez apporté.
En société en nom collectif, la responsabilité est en plus solidaire : un créancier peut réclamer la totalité à l'un des associés, à charge pour lui de se retourner ensuite contre les autres.
La limitation de responsabilité n'est pas un bouclier absolu. Un associé de Sàrl qui participe à la gestion peut voir sa fortune privée engagée en cas de faute grave, et les cotisations sociales impayées sont une source classique de mise en cause personnelle des dirigeants.
Ce qui devient public
Le registre du commerce est consultable par tout le monde, gratuitement, sur Zefix. La différence entre les formes n'est pas anodine si la discrétion compte pour vous.
- Raison individuelle, Votre nom de famille doit figurer dans la raison de commerce
- Société en nom collectif, Les associés figurent au registre
- Sàrl, Tous les associés sont inscrits au registre
- SA, Seul le conseil d'administration est inscrit ; les actionnaires restent anonymes
Quand l'inscription devient obligatoire
Une Sàrl et une SA naissent de leur inscription : sans registre, elles n'existent pas. Une société en nom collectif doit être inscrite dans tous les cas.
La raison individuelle est le seul cas où l'inscription reste facultative, jusqu'à 100'000 francs de chiffre d'affaires annuel, ou l'exercice de l'activité en la forme commerciale. Au-delà, elle devient obligatoire.
Les autres formes, en une ligne chacune
Quatre formes couvrent presque toutes les créations d'entreprise. Les six autres existent, et le questionnaire vous laisse les choisir, mais on ne les prend pas par hasard.
- Société en commandite, au moins un associé qui répond sans limite (le commandité) et au moins un qui répond à hauteur de son apport (le commanditaire). Pas de capital minimum, pas de notaire.
- Société en commandite par actions, la même logique avec un capital divisé en actions ; acte notarié obligatoire. Rare.
- Société coopérative, sept membres au minimum pour la fonder, une voix par tête ; acte notarié obligatoire. La forme des projets collectifs et des structures d'entraide.
- Association, pas de notaire ; s'inscrit au registre dès qu'elle exerce une activité en la forme commerciale. Ce n'est pas une forme pour porter un métier lucratif.
- Fondation, un patrimoine affecté à un but, sans membres ; acte notarié obligatoire, sauf fondations de famille et ecclésiastiques. Surveillée par l'autorité.
- Succursale, pas une société mais l'établissement d'une société existante, suisse ou étrangère ; s'inscrit au registre de son lieu, sans notaire.
Deux choses qu'on oublie souvent
Votre statut d'indépendant ne se décrète pas. Il est reconnu, ou refusé, par la caisse de compensation AVS, sur la base de faits : plusieurs mandants, vos propres locaux et outils, le fait que vous portiez le risque économique. Un refus vous requalifie en salarié de vos clients, avec les cotisations correspondantes.
La forme se change. Commencer en raison individuelle puis passer en Sàrl est un chemin ordinaire, et le capital de la nouvelle société peut être constitué par l'apport de l'entreprise existante. Choisir aujourd'hui n'enferme personne.
Montants et règles relevés le 18 septembre 2026 sur kmu.admin.ch, le portail PME du SECO ; formes complémentaires ajoutées le 19 septembre, même source. Le coût de constitution n'est volontairement pas chiffré : les émoluments de notaire et de registre varient d'un canton et d'un dossier à l'autre, et un montant unique donnerait une fausse précision. Cette page explique des mécanismes ; elle ne remplace ni un notaire ni un conseil fiscal sur votre situation.